Mardi 25 août 2009
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Trompe le monde
Dans son nouveau docu-fiction ras-la-moule, Sacha Baron Cohen est Brüno, autrichien homosexuel nazi, fashonisto et
born to be a star. Après Borat, le métamorphe anglais poursuit au cinéma sa revue de l'intolérance et de l'ignorance. Sans vaseline, il défonce les portes ouvertes par son
prédécesseur kazakh en s’attaquant à l’Amérique profonde et l’univers sophistiqué de la mode.
Caméléon / caricature
Ce n’est pas si connu, Sacha Baron Cohen est un magicien hors-pair et siège à l’honorable London Magic Circle. On comprend alors aisément son incroyable capacité à habiter ses avatars débiles et
créer des tours de magie... bien réels - si ce n’est qu’à la place d’une baguette, il faut imaginer un sexe qui parle. Car le travail physique et psychologique nécessaire pour habiter Brüno est
énorme. Baron Cohen ne lâche rien, Brüno est une deuxième peau, costume ignoble d’une farce classé X.
"Je fais caca aussi ou tout le monde a compris ?"
Si Borat allait déjà très loin dans l’indélicatesse, Brüno le fait passer pour un sage tibétain. Partouse, danse du chibre, dégustation anale et simulacre de pipe que ne renierait pas le mime
Marceau, Baron Cohen fait tout, montre (presque, roooh) tout. Dans le but de titiller l’interlocuteur, le pousser dans ses derniers retranchements ou juste s’amuser avec l’interviewé, il pousse le
vice du second au premier degré. Et c’est parfois partagé entre le dégoût, l’ébahissement, l’admiration et le rire que l’on regarde Brüno sodomiser son “pygmée” d’esclave sexuel.
Anus artificiel
Contrairement à Borat que l’on pouvait difficilement critiquer dans son ensemble, Brüno est plutôt perfectible. D’une part, son scénario (il y en a un, je crois : Brüno star
autrichienne déchue veut conquérir le monde du show-buisness) est vraiment mal réglé, moins précis et donne cette fois l’impression de regarder une compilation de sketches. D’autre part, les
interlocuteurs (tous réels exceptions faites de l’assistant et quelques figurants) offre moins d’opportunités au personnage tant celui-ci est puissant de crétinisme. Du coup, les échanges vont
souvent dans un sens - celui de Baron Cohen - et on rit davantage du jeu de l’acteur plutôt que ses interactions. Pour finir, il faut préciser que la véracité de certaines caméra-cachées est
parfois douteuse (comme celle du prétendu terroriste)... Pas grave, on se marre quand même entre deux vomis.
Sacha Baron Cohen est un formidable transformiste... mais malgré tout le plaisir que l’on éprouve devant sa nouvelle performance, le verdict tombe et éclabousse la cuvette : Brüno pisse moins
loin que Borat. Pas si percutant dans les impros, brouillon dans l’enchaînement des situations et trop léger pour choquer (la scène des bébés mis à part, formidable), Baron Cohen décroche tout de
même vilainement la mâchoire. A coups de godmichet ou ceintures D&G. Si nombre de situations sont aussi authentiques qu’un documentaire de Michael Moore, la majeure partie peut se vanter de ne
pas entâcher l’effet kiss-cool Borat : l’indignation et l’envie d’en rire. Pire que les détecteurs de mensonges, les caricatures extrêmes de Sacha Baron Cohen mutent face à ses interviewés
en révélateurs d'imbécillités.
On s’arrête là Sacha et on garde le souvenir de deux satires saisissantes ou on remet un dernier coin dans la fente ? Ca ne peut pas faire de mal.
Par PeQ
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Publié dans : Cinéma
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